Contexte

La migration vers un nouvel ERP est un moment charnière dans la vie d’une organisation. Elle s’accompagne souvent d’une promesse de modernisation : meilleure performance, nouvelles fonctionnalités, processus optimisés. Mais elle soulève aussi une question que beaucoup d’entreprises sous-estiment jusqu’au dernier moment : que faire des données de l’ancien système ?

C’est précisément le défi auquel était confronté l’un de nos clients. En cours de transition vers un nouvel ERP, il devait préserver l’intégralité de l’historique de son système legacy — plusieurs années de données opérationnelles et financières — tout en intégrant les flux du nouveau système. Et surtout, il avait besoin de pouvoir croiser ces deux mondes : comparer les performances avant et après migration, assurer la continuité des reportings, et garantir aux équipes métier une vision unifiée et fiable de leurs données.

Les enjeux

La difficulté ne tenait pas seulement au volume de données à conserver. Elle résidait dans une réalité bien connue des équipes data : deux ERP, même dans le même secteur, ne parlent jamais tout à fait le même langage. Les référentiels diffèrent, les structures de données évoluent, les règles de gestion changent d’un système à l’autre. Comparer une commande dans l’ancien ERP avec une commande dans le nouveau, c’est souvent comparer des entités qui n’ont pas le même modèle, pas les mêmes identifiants, pas la même granularité.

Sans architecture pensée pour ça, les équipes se retrouvent à jongler manuellement entre deux sources hétérogènes, à produire des analyses fragiles et difficiles à maintenir, voire à renoncer à exploiter l’historique faute de pouvoir le réconcilier avec les nouvelles données.

Notre approche

Nous avons accompagné un client dans la conception et la mise en place d’une plateforme data moderne, structurée autour d’une architecture lakehouse en trois couches.

La première couche conserve l’ensemble des données brutes des deux systèmes, dans leur format d’origine, sans aucune transformation. C’est le socle de confiance : rien n’est perdu, tout est traçable.

La deuxième couche est le cœur de la solution. Nous y avons défini un modèle de données canonique — un langage commun aux deux ERP. Chaque entité métier (client, article, commande, facture) y est représentée de manière unifiée, enrichie de règles de mapping explicites, de clés de réconciliation et de périodes de validité. C’est ce modèle qui rend possible la comparaison de ce qui est comparable : une même réalité métier, vue à travers deux systèmes différents, devient lisible dans un référentiel unique.

La troisième couche expose enfin des données prêtes à l’emploi pour les usages analytiques et opérationnels — tableaux de bord, reporting financier, self-service analytics — sans que les utilisateurs aient à se préoccuper de la complexité sous-jacente.

Les gains

La mise en place de cette plateforme a permis à notre client de préserver l’intégralité de son historique de données, sans rupture lors du passage au nouvel ERP. Les équipes métier disposent désormais d’une vision consolidée, sur laquelle elles peuvent analyser les tendances sur plusieurs années, comparer les performances avant et après migration, et produire des reportings cohérents quelle que soit la période concernée.

Au-delà de la migration elle-même, la plateforme constitue un actif durable : documentée, versionnée et évolutive, elle peut absorber de futurs changements de systèmes sans repartir de zéro.

Ce projet illustre une conviction que nous portons sur tous nos engagements : une migration réussie ne se mesure pas seulement à la bonne mise en route du nouveau système. Elle se mesure aussi à la capacité de l’organisation à continuer de s’appuyer sur ce qu’elle sait déjà de son activité.